Une vie nomade

23 Jan 2018

Notre vie est incontestablement pleine d’aventures, chaque jour nous réserve un programme différent. Nous avons la liberté d’aller où nous voulons quand nous voulons. C’est incroyable ce que nous avons déjà vécu durant ces deux derniers mois, tous ces gens que nous avons rencontrés, toutes ces vaches que nous avons vues, tous ces mots d’espagnol que nous avons appris, tous ces paysages que nous avons découverts, toutes ces routes que nous avons parcourues. Cette vie nomade est bien loin de celle que nous avions l’habitude d’avoir en Suisse.

 

Vous êtes assis devant votre ordinateur, vous lisez notre blog et vous vous dites : La vie est belle ! Ils en ont, de la chance, ces deux-là !

 

Vous avez raison ! Nous avons de la chance ! Ou plutôt, nous avons eu le courage de prendre tous nos sous et de partir découvrir le monde. C’est génial et tellement enrichissant, je ne regrette absolument pas ma décision ! Au contraire, je suis vraiment contente de l’avoir prise. Même si par moments cette vie n’est pas facile.

 

 

Les moustiques, par exemple, ou toutes ces autres bêtes qui piquent ou qui mordent. Notre peau est couverte de piqûres qui démangent, et c’est bien pire que les piqûres de nos moustiques suisses. Vivement qu’on arrive encore plus dans le sud, où le vent est plus puissant et les températures plus froides, ce que les moustiques n’aiment pas. Du moins je l’espère.

 

Par beau temps, habiter dans un bus signifie disposer d’un jardin immense, lire, écrire, cuisiner, boire des cafés, causer, jouer de la guitare dehors dans la nature (ou occasionnellement sur un camping… ou de temps en temps à côté d’une station-service…). Je suis sûre que nos poumons en profitent, de cette immense quantité d’air frais ! Par temps pluvieux par contre, ou lors de tempêtes ou de froid, nous n’arrêtons pas de nous taper la tête ou l’orteil dans notre minimaison, ou nous gênons l’un l’autre sans arrêt, sans parler du fait que nous sommes constamment courbés car le toit de notre Brunhilde n’est pas très haut. Nous cuisinons dehors par presque tous les temps, histoire d’éviter les odeurs du souper dans le bus. Tâche parfois périlleuse, avec le vent patagonien qui éteint la flamme de notre petite cuisinière à gaz toutes les 2 minutes.

 

Le mauvais temps est par ailleurs un problème à cause de nos panneaux solaires. Nous dépendons du soleil pour faire marcher le frigo et le chauffage (qui fonctionne au gaz, mais la turbine pour répartir l’air chaud dans le bus fonctionne avec de l’électricité). Mais jusqu’ici, coup de bol, il a y avait presque toujours un petit rayon de soleil à un certain moment de la journée.

 

Vivre dans un bus n’est surtout pas facile pour une fille. Quand on dispose d’un sac de douche outdoor de 10 litres seulement, on ne se lave pas les cheveux souvent. Entretemps, je ne me lave les cheveux plus que tous les 3-4 jours ou moins souvent encore, sur un camping ou dans une station-service (certaines d’entre elles disposent de douches, pour les conducteurs de camion, et le truc chouette, c’est que les douches des filles sont souvent plus propres, vu qu’elles sont rarement utilisées !). J’ai eu de la peine à m’habituer aux cheveux sales ! Et quelle joie quand je viens de les laver, ils sont si brillants, et si agréable au toucher ! Le mot maquillage ne fait même plus partie de mon vocabulaire, mon mascara a disparu tout au fond d’un tiroir et mes jambes ne sont plus épilées depuis longtemps. Avoir ses règles dans la nature n’est pas non plus très agréable… Ou faire pipi dehors avec le vent patagonien… Je vous laisse imaginer…

 

Trouver une place chouette pour la nuit est souvent difficile. Nous passons parfois plusieurs heures à la recherche d’une jolie place où nous nous sentons tous les deux en sécurité, une place avec un peu d’ombre et à l’abri du vent. Quand il commence déjà à faire sombre, c’est encore plus difficile. Voilà pourquoi nous finissons régulièrement sur une station-service. Au moins nous sommes en sécurité (il y a toujours au moins 10 camionneurs qui dorment ici, parfois même 50, ainsi que les employés de la station, oui ! ici on n’a pas besoin de faire le plein soi-même ! Le luxe !), il y a des toilettes plus ou moins propres, parfois un croissant frais pour le déjeuner, parfois du wifi ou même une douche, et tout ça gratuitement. Bien entendu, il faut faire avec le bruit et la lumière. Les campings quant à eux sont souvent aussi bruyants et chers, surtout maintenant pendant la haute saison, mais pour une douche chaude, suffisamment d’eau, la sécurité et parfois même du wifi (très rarement rapide), ça vaut la peine.

 

 

L’eau est un de nos défis principaux. Nous avons un bidon d’eau de 20 litres, un sac de douche outdoor de 10 litres et un autre de 20 litres (que nous ne pouvons plus remplir complètement, car ils perdent de l’eau s’ils sont trop pleins), et trois bouteilles d’eau d’un litre en plastique (pas en PET, mais celles qu’on peut réutiliser mille fois). Cela suffit pour deux nuits, trois ou quatre nuits si nous sommes très économes avec l’eau (chacun une courte douche à moins de 10 litres, faire la vaisselle avec maximum 5 litres d’eau deux-trois fois, le bidon et les bouteilles pour boire, faire du café, cuisiner et se laver les dents). Donc même en étant très économes, nous devons partir d’une place chouette après quatre nuits au maximum. Trouver de l’eau potable n’est pas facile non plus. Les stations-service et les campings fournissent de l’eau en général, mais qu’elle soit potable ne va pas de soi ici !

 

Le sable est un facteur pénible aussi. Il y en a partout, et il se faufile partout, dans les moindres recoins du bus, au fond de tous les tiroirs fermés, surtout durant les trajets sur les routes de terre (ou devrais-je plutôt dire routes de sable… ?). Je n’ai jamais autant fait le ménage dans ma maison de toute ma vie !

 

 

 

 

 

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